Clermont-Ferrand est, comme de nombreuses métropoles, confrontée à la question de la qualité de l’air. Face aux enjeux sanitaires et environnementaux, la Ville s’appuie sur des dispositifs d’information pour impulser des mesures concrètes.

Des stations de mesure éparpillées dans la ville à la récente application Air to Go, sans oublier la présence des “girafes” ATMO (voir hors texte), nombreux sont les dispositifs mis en place conjointement par l’ATMO Auvergne-Rhône-Alpes et la mairie de Clermont-Ferrand. Ceux-ci ont pour objectifs d’améliorer l’information au sujet de la qualité de l’air au sein de l’agglomération. Cette question est en effet essentielle pour la cité auvergnate, qui fut l’une des premières à s’en soucier. L’enjeu est double, maintenir l’attrait touristique de la ville, que l’on imagine non-polluée, à côté des volcans, tout en compensant son relief désavantageux. Mais cet enjeu est aussi et surtout environnemental et sanitaire, les polluants attaquant à la fois les écosystèmes et les poumons.
Un double objectif
Mais ces dispositions ne sont pas seulement une vitrine, contrairement à ce que certains pourraient penser. Car si Clermont innove en matière d’information, la collectivité impulse aussi des actions concrètes. Ainsi, face à la large responsabilité des combustions, l’objectif est double : “favoriser les mobilités douces et limiter les systèmes de chauffage émetteurs de particules” confie Nicolas Bonnet, adjoint en charge du développement durable. S’inscrivant dans le Schéma de Transition Énergétique et Écologique, “un large réseau de pistes cyclables va être aménagé, alimentant la métropole et ses environs” explique-t-il, “et deux nouvelles lignes de bus à haut niveau de service vont voir le jour”.
Le budget alloué à ces mesures est important, respectivement de trente et deux cent quarante millions d’euros. Cela reflète l’importance du sujet pour la mairie. Du côté du chauffage et des bâtiments, les collectivités déploient aussi des politiques d’incitation au changement et un système d’aide avec la plateforme Rénover+demain.
Des progrès suffisants ?
Si ces mesures s’accompagnent d’une diminution des polluants primaires, comme le dioxyde d’azote, l’air est loin d’être totalement propre. “Il y a une forte augmentation d’un nouveau type de polluant, l’ozone, qui résulte de la combinaison d’oxydes d’azote et de composés volatiles” explique Cyril Besseyre, correspondant territorial pour l’ATMO régionale. “Celui-ci est très dangereux, c’est un oxydant puissant, qui attaque les bronches” ajoute-t-il.
Le bilan est donc mitigé, ce que soulignent certains habitants. Benjamin, même s’il affirme que “les efforts de la ville payent”, reconnaît que “les mesures prises ne sont pas suffisantes au vu de l’urgence climatique”. La question reste de savoir si ces récentes mesures porteront leurs fruits, permettant à l’agglomération de retrouver un air plus pur.
Le dispositif ATMO :
Atmo Auvergne-Rhônes-Alpes est une association de type loi 1901, agréée par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, qui agit dans l’esprit de la Charte de l’Environnement de 2004. Il s’agit d’une des dix-huit Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air, relais territoriaux de la fédération Atmo France (AASQA), qui inscrivent leur action dans le cadre de l’intérêt général et de la mission de service public.
L’association remplit alors cinq missions : observer via un dispositif de surveillance de la qualité de l’air, accompagner les décideurs, communiquer auprès des citoyens, anticiper en prenant en compte les nouveaux enjeux et technologies et gérer la stratégie associative et l’animation territoriale.
Elle regroupe en son sein des représentants de l’état, des collectivités territoriales et locales, des professionnels de l’industrie et du transport, des associations de consommateurs, de protection de l’environnement, ainsi que les personnalités qualifiés (scientifiques, professionnels de santé), afin de garantir l’indépendance et la transparence de ses rapports.
Coline Cornuot
