Trump-Bloomberg : un nouveau duel au cœur des élections

D’un côté Trump, de l’autre Bloomberg. Un géant de l’immobilier face à un géant de la finance. Alors que l’ex-maire de New York a annoncé sa candidature aux primaires démocrates à la dernière minute, la bataille semble engagée entre les deux colosses américains.

L’ex-maire de New-York, Michael Bloomberg s’impose en tant que nouveau rival du président en fonction. © Coline Cornuot

Après Joe Biden, c’est à Michael Bloomberg que Donald Trump a décidé de s’attaquer. Alors que l’ex-maire de New York a récemment annoncé sa candidature aux primaires démocrates, c’est un duel qui s’est engagé entre les deux milliardaires américains. Bloomberg a précisé lors de son investiture qu’il s’engageait pour “vaincre Donald Trump et reconstruire l’Amérique” et s’opposait notamment à la législation sur les armes de Trump, fer de lance de sa politique. Face à cela, le président en fonction a répliqué, surnommant son adversaire “petit Michael” et “un rien”.

Accusation de partialité

Trump a enfoncé le couteau dans la plaie lundi 2 décembre, son équipe de campagne ayant annoncé qu’elle retirait les accréditations des journalistes de Bloomberg News, service lancé par l’homme d’affaires en 1990. La raison ? Une accusation de partialité après que le média ait annoncé n’enquêter sur aucun candidat démocrate mais poursuivre l’investigation autour du président. Pour Monica, jeune américaine, “ce n’est qu’un exemple de combien cette administration va à l’encontre de la Constitution, outrepassant la liberté de la presse et se dirigeant vers l’aristocratie.”

Face à cette attaque directe de son adversaire, Bloomberg a déclaré que le média continuerait à mener des sondages d’opinion à propos des présidentielles 2020, à interviewer les candidats et à suivre les campagnes. “L’accusation de partialité ne pouvait pas être plus éloignée de la réalité”, a renchérit le rédacteur en chef, John Micklethwait. Il a ainsi rappelé que ses journalistes avaient couvert Trump avec impartialité depuis la campagne de 2015 et qu’ils continueraient à le faire malgré son annonce.

Un choc des titans

Les deux milliardaires en lice, dont les campagnes sont largement autofinancées, s’affrontent donc à la fois sur le plan politique et économique. “Cela pourrait s’apparenter à une tradition de candidats fortunés dans ce pays très capitaliste et plutôt hostile au socialisme” explique Monica. Cependant, l’opposition entre les deux hommes sera actée uniquement en cas d’investiture de Bloomberg par le parti démocrate. Le milliardaire fait face à des ténors du parti, comme Joe Biden et Bernie Sanders, ce qui rend cette investiture difficilement envisageable.

Coline Cornuot

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