Handicap : le poids des mesures

Quinze ans après le premier rassemblement, Emmanuel Macron a choisi la date symbolique du 11 février pour la 5ème Conférence Nationale sur le Handicap. Celui qui avait fait du handicap l’une de ses priorités a annoncé faire un “premier bilan” et prendre des engagements forts.

Parmi les annonces phares : l’école inclusive, déjà au cœur de plusieurs mesures au début du quinquennat. Au programme, un “livret numérique de parcours inclusif”, la formation des enseignants et des mesures d’amélioration des conditions d’emploi des accompagnants. Face à ce discours, les personnalités politiques du débat se sont montrées mitigées. Jean-Louis Garcia, président de l’APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés), a notamment précisé qu’il attendait que « les engagements se transforment en décisions ». D’un autre côté, Philippe Mouiller, sénateur LR a qualifié ce discours « d’extrêmement positif ».

Des professionnels sceptiques

Mais, à ces promesses, les acteurs scolaires du handicap n’y croient pas. “Elles ne paraissent pas très crédibles”, selon Florence Sinel, AESH (Accompagnant scolaire d’élèves en situation de handicap) à Vichy. Avec douze ans d’expérience, elle affirme que les réformes engagées ne “correspondent [ni] à la réalité du terrain”, ni à ses attentes en tant que professionnelle. “Les AESH ne seront plus affectés auprès d’un enfant mais d’un secteur, s’exclame-t-elle, l’accompagnement sera alors moins stable et desservira l’enfant.”

Ce qui manque, ce sont des moyens et du temps pour accompagner l’enfant. De nombreux accompagnants sont encore en contrat aidé, malgré les annonces de la rentrée 2019, et n’accèdent donc pas au statut d’AESH. “Même si de plus en plus d’écoles permettent d’accueillir des enfants atteints de handicaps moteurs, les efforts restent insuffisants”, confie-t-elle. Cela explique le recours à une scolarisation à l’étranger, en Belgique notamment, pour les familles disposant des moyens nécessaires.

Coline CORNUOT

Laisser un commentaire